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	<title>Tables de France - Ca C&#039;est Paris - LE BLOG &#187; Michel Aumont</title>
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		<title>Interview de Michel Aumont</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Mar 2010 10:14:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Aumont]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous jouez actuellement A la porte au théâtre  de l’Oeuvre, mais vous répétez aussi en même temps Puzzle de Woody  Allen&#8230;
Je ne voudrais pas parler à la place de Woody Allen,  mais on peut penser qu’il décrit un milieu de petits bourgeois juifs à  New York, probablement inspirés, de façon transposée, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.tdf-paris.com/blog/wp-content/uploads/2010/03/photo5.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-52" style="margin: 10px;" title="Michel Aumont" src="http://www.tdf-paris.com/blog/wp-content/uploads/2010/03/photo5.jpg" alt="" width="150" height="108" /></a>Vous jouez actuellement A la porte au théâtre  de l’Oeuvre, mais vous répétez aussi en même temps Puzzle de Woody  Allen&#8230;</strong><br />
Je ne voudrais pas parler à la place de Woody Allen,  mais on peut penser qu’il décrit un milieu de petits bourgeois juifs à  New York, probablement inspirés, de façon transposée, de ses parents.  Comment raconter ça? C’est compliqué parce qu’il y a un entremêlement  d’intrigues sentimentales. Le drame commence là: ce couple  d’horlogers-bijoutiers, qui a connu une belle situation avant de se  retrouver ruiné par des associés malhonnêtes, a une fille qui a fichu le  camp pour fuir ce milieu et ses contraintes morales, et un fils moins  libertaire mais qui a envie d’aller voir ailleurs. Il y a aussi un frère  devenu un grand ponte à Hollywood qui a de l’argent et fréquente les  vedettes de cinéma. Or, le fils a envie de rejoindre ce type, qui est  donc son oncle&#8230; si vous avez suivi&#8230; VOUS N’AVEZ PAS SUIVI! (en  agitant un doigt faussement menaçant).</p>
<p><strong> C’est du Woody Allen: peut-on  s’attendre à du rire ou à des larmes? </strong><br />
Ça, c’est plus intéressant. Ne faisons pas peur aux gens,  mais il ne faut pas s’attendre à se poiler pendant deux heures. C’est  entre la comédie et le drame,sans recherches d’effets dans les dialogues  comme on a l’habitude d’en trouver chez lui. Pas de mots drôles ou de  trouvailles verbales. S’il y a des occasions de sourire, et j’espère  qu’il y en aura, elles viendront des situations et des caractères un peu  excessifs.</p>
<p><strong> Qu’est-ce qui vous a touché dans  le personnage que vous allez incarner? </strong><br />
C’est un type paumé, un perdant qui se bagarre: son fils  fiche le camp, sa femme, ma foi, il est marié depuis longtemps, ça  marche moins bien, d’autant plus qu’il a été amoureux d’une autre femme  et qu’il est resté sur le souvenir de cette aventure qui a été un moment  d’éblouissement sentimental et sexuel. Pour sa femme, même chose: elle  rêvait d’être actrice, mais elle est restée popote. Elle fait du chou  farci ! Non, l’originalité de la pièce est dans sa construction  surprenante, un peu comme dans un film, avec des retours en arrière, des  séquences de rêve, une intrigue sinueuse&#8230;</p>
<p><strong> Un puzzle, en somme&#8230; </strong><br />
Ah! vous voyez que vous suivez&#8230; J’ai pour partenaire  Geneviève Fontanel avec qui j’ai joué&#8230; heu&#8230; une pièce de Jean-Claude  Grimberg, Adam et Eve, où nous étions à la fin tous les deux à poil sur  scène. Ça fait un souvenir! Nu intégral&#8230; On l’a créée à la Criée de  Marseille puis repris àChaillot. Nous avions nos corps de 60 ans mais  c’était une scène magnifique, très émou- vante, parce que justement ces  corps étaient fatigués. C’était très beau; pas nous, mais la situation.  Et je retrouve Geneviève dans Puzzle où elle NE SE DÉSHABILLERA PAS. Il y  aura aussi Gérard Lartigau avec qui j’ai souvent joué, dont une pièce  d’Arthur Miller, Le désarroi de Mr Peters, qui n’a pas marché mais où  l’on se trouvait très bien. Il faut reconnaître que le public ne s’est  pas précipité pour nous acclamer mais IL A EU TORT.</p>
<p><strong> Jean-Pierre Cassel devait  participer à la pièce&#8230; </strong><br />
Oui, il devait faire le grand ponte de Hollywood, et l’on a  été très triste quand il a disparu parce que c’était magnifiquement le  personnage. Mais Gérard Lartigau va relever le gant!</p>
<div><strong>Et vous avez récemment fait  l’actualité avec&#8230;</strong></div>
<div>Mon molière(1) ! Le quatrième. Puisqu’on fait  des molières, vous m’en mettrez quatre! C’était pour À la porte, un  texte magnifique; on est gâté, et porté comme par une vague avec un  texte pareil. 1h35 de texte, un vrai «tunnel». Pour me mettre ça dans le  coco, ça m’a pris six mois. Quatre, cinq, six lignes chaque matin, j’ai  rabâché bravement jusqu’à ce que ça rentre. Mais lors des premières  représentations, j’ai eu peur&#8230;</div>
<div>
<p><strong>Il n’y a plus de souffleur?</strong><br />
J’ai demandé une souffleuse. Indispensable avec un texte  pareil, très écrit, pas du tout quotidien. Elle m’a servi plusieurs  fois. Un soir, il a fallu baisser le rideau: j’avais complètement perdu  pied, ma tête était vide, je ne savais plus ce que je faisais, où  j’étais. Un vertige! Elle m’envoyait les mots, mais ils ne voulaient  plus rien dire pour moi. Mais être seul sur scène est aussi un plaisir  et une grande liberté parce que (oh! je vais dire des bêtises!) vous  n’avez pas à craindre le partenaire qui vous dit : «Dis donc, pourquoi  as-tu joué ça comme ça aujourd’hui?!»</p>
<p><strong> Vous êtes un comédien émérite  et reconnu. Cette passion du théâtre vous vient-elle de l’enfance? </strong><br />
Il n’y a pas de mystère: ma mère était une remarquable  comédienne qui n’a pas accédé au vedettariat mais qui a joué avec  Charles Dullin et Jean Vilar. Je la suivais partout, je l’admirais  beaucoup et j’ai naturellement eu envie de faire comme elle. Elle était  aussi professeur de théâtre au premier Centre de l’Est, à Colmar, et  j’ai commencé à faire le guignol dans son cours, vers l’âge de 13 ans.  Mon premier rôle: le roi Ferrand dans La Reine morte de Montherlant, qui  était vraiment un personnage de l’âge que j’ai maintenant. C’est cela  qui m’attirait. C’est marrant parce qu’au Conservatoire puis à l’école  de la Rue Blanche, on ne me donnait plus que des barbons à jouer.</p>
<p><strong> Vous sortez du Conservatoire à  20 ans, avec un premier prix, puis tout s’enchaîne: vous entrez à la  Comédie-Française&#8230; </strong><br />
Alors que mes goûts de spectateur me portaient plus vers  le TNP et Vilar que vers le côté académique du Français où je voyais par  ailleurs de très beaux spectacles. J’ai ramé assez longtemps parce que  j’avais cet emploi de «vieux croûton»; à l’époque on avait un contrat au  Français, on était engagé dans un «emploi »: le mien, c’était «rôles de  composition». Donc, j’ai ramé un peu avant d’arriver à jouer des rôles  d’hommes de 30 ans. Là, j’ai commencé à retrouver mon âge réel et à  jouer de beaux personnages&#8230;</p>
<p><strong> Est-on considéré comme fonctionnaire lorsqu’on travaille  au Français? </strong><br />
On est assimilé à des fonctionnaires et l’on peut en avoir  l’esprit, parce que l’argent tombe à la fin du mois. Mais, non, j’ai  rarement vu ça; il n’y a pas de routine: il n’y en avait pas à mon  époque et encore moins maintenant parce que les metteurs en scène font  des specta- cles très rigoureux où l’on ne peut plus tricher.<br />
A l’époque, disons-le, il y avait des spectacles  légèrement négligés ou montés à la vavite où l’on se laissait aller. Et  aussi ce que l’on appelait des matinées scolaires que l’on avait  tendance à prendre un peu par-dessus la jambe.</p>
<p><strong>Avez-vous pensé à faire de la mise en scène?</strong><br />
Non, je suis trop bête. Je suis un âne. Il faut être  intelligent pour faire de la mise en scène. Tiens, je vais vous faire un  cours: le comédien a besoin d’une intelligence sensible, mais pas d’une  intelligence analytique. Le metteur en scène doit avoir un cerveau plus  «synthétisant». Moi, je suis un comédien d’instinct, je commence à  comprendre à peu près ce que je suis en train de jouer&#8230;</p>
<p><strong> Vous disiez à un moment qu’au  cinéma l’on vous donnait surtout des rôles de salauds et de commissaires  sadiques&#8230; </strong><br />
Ça été vrai à une époque où je les enchaînais. Peut-être à  cause de Nada de Chabrol où je jouais une pourriture et où cela avait  plu. Mais après, et au théâtre notamment, j’ai eu d’autres notes à  jouer.</p>
<p><strong> Avez-vous des projets au  cinéma?</strong><br />
Non. Mais il faut reconnaître que je fais tellement de  théâtre que je ne suis guère disponible. Et puis peut-être que l’on ne  juge pas que je suis d’une utilité formidable pour remonter le niveau du  cinéma. Mais puisque vous me posez la question, je regrette de ne pas  faire plus de cinéma, de ne pas avoir continué sur ma lancée, comme à  l’époque où je faisais un ou deux films par an, jamais de premiers  rôles, mais de bons seconds rôles. Tant pis! En revanche, j’ai un projet  de théâtre: jouer le Roi Lear, comme tous les acteurs qui arrivent à 70  ans, sous la direction de Jorge Lavelli, un vieux complice avec qui  j’ai fait une dizaine de spectacles.</p>
</div>
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