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	<title>Tables de France - Ca C&#039;est Paris - LE BLOG &#187; Marc Delomez</title>
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		<title>Interview de Olivier Lejeune par Marc Delomez</title>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2010 17:24:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anna</dc:creator>
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		<title>Interview de Marc Delomez</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 09:21:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Tu prendras bien du champagne ? ». Ca, c’est tout Marc. Vous venez lui parler boulot, interview, chiffres, curriculum vitae. Lui vous répond bulles. Rien de plus normal puisqu’il a un caractère pétillant et l’éclat de rire qui va avec. Sans compter sa gestuelle ample, digne d’un comédien, et sa bonne humeur trop grande pour ne pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><a href="http://www.tdf-paris.com/blog/wp-content/uploads/2010/03/photo7.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-67" style="margin: 10px;" title="Marc Delomez" src="http://www.tdf-paris.com/blog/wp-content/uploads/2010/03/photo7.jpg" alt="" width="150" height="200" /></a>« Tu prendras bien du champagne ? ». Ca, c’est tout Marc. Vous venez lui parler boulot, interview, chiffres, curriculum vitae. Lui vous répond bulles. Rien de plus normal puisqu’il a un caractère pétillant et l’éclat de rire qui va avec. Sans compter sa gestuelle ample, digne d’un comédien, et sa bonne humeur trop grande pour ne pas être partagée. On lui prête une tendance certaine à la fantaisie « à laquelle tous ceux qui m’ont connu ont accordé la même tolérance », concède Marc Delomez qui n’a pourtant pas grand-chose à se reprocher si ce n’est d’avoir fait mourir de rire quelques bons milliers de salariés embarqués par leur CE dans une mémorable découverte des spectacles comiques parisiens.<br />
Spécialiste de l’organisation de sorties sur Paris, interlocuteur privilégié des élus, ce prestataire pas comme les autres prend Hemingway au pied de la lettre : pour ses clients, il fait de Paris une fête. Il a inscrit à son catalogue des croisières de nuit sur la Seine, des descentes chez les chansonniers de Montmartre, des visites guidées dans le ventre de Paris… Et de grands moments de convivialité.<br />
A moins que ce ne soit son extravagance (très mesurée) d’oiseau du soir qu’il faille lui pardonner ? Cinquante ans et des poussières, cheveux mi-longs, sempiternelles lunettes de soleil reconverties en serre-tête. En ce jour de mi-avril ensoleillé, il porte une chemise à gros pois noirs presque seventies sous un costume clair. Pas de cravate. Comme si cet homme-là travaillait en sifflotant là où d’autres triment sans joie. Il faut dire qu’il a su prendre son destin dans sa poigne de velours et trouvé le métier qui lui va comme un gant. Quand, à l’adolescence, son père le somme de choisir une profession et lui tend un « guide des métiers », il sélectionne « Maître d’hôtel », job improbable dont seuls les personnages dans les films des années 50 semblent endosser la livrée bicolore. « Voilà qui me rapprochait de la scène… », dit cet amateur de fables et de théâtre contemporain réaliste. Lui qui a vécu dans le Nord de la France et fréquenté un collège de curés, où l’éducation se faisait à la dure, le doigt sur la couture de la culotte courte, débarque un jour en plein parc d’attractions… pardon, à l’Ecole Hôtelière de Bruxelles, campus de rêve « où l’on se réveillait avec l’odeur des viennoiseries préparées par les élèves pâtissiers ». S’il fréquente le club-théâtre aussi souvent que les amphis, il fait aussi le mur avec une assiduité vite pardonnée.<br />
Diplôme en poche, et passé le cap du service militaire, où son grand fait d’armes sera d’avoir chanté des chansons antimilitaristes à la fille du colonel, il fréquente à Paris le cours de théâtre de René Simon. Trois ans de formation aux côtés de Jean-Pierre Bacri, Cyrielle Claire, Charlotte de Turckheim, François Cluzet… « Ce qui m’épatait c’était sa voix, et sa capacité à jouer tous les rôles, se souvient Patrick Gobert, directeur du Toit Citoyen (1) et son ancien condisciple sur les bancs de cette fameuse école ». Mais Marc Delomez tombe de haut : « Il y avait un gouffre entre ce que je croyais savoir du métier et la réalité de la vie professionnelle.<br />
Bacri a galéré dix ans avant d’émerger.<br />
Moi, je n’ai même pas voulu galérer six mois ». Retour à la case hôtellerie et aux cachets de « loufiat », à passer les plats dans des soirées grand teint. Jusqu’à ce qu’un copain l’appelle et lui propose la direction du « Puy des Dames », restaurant très couru à midi mais déserté le soir. Un vrai défi : comment faire le plein de clients ? Il contacte les agences de voyages spécialisées et leur propose d’établir sur-mesure le menu que souhaite chaque catégorie de clients. Un premier test est effectué auprès de Japonais, cuisinés sur leurs goûts culinaires, et qui se voient offrir feuilleté de poireaux au beurre blanc et rôti de boeuf aux champignons.</div>
<div>Succès en salle. On devra à Marc Delomez le premier car de touristes à s’engager vaille que vaille dans la rue de la Montagne Sainte-Geneviève, à une époque où les groupes pâtissent encore d’une mauvaise réputation auprès des restaurateurs. Mais c’est sur cette idée forte que Marc Delomez rebondit pour créer en 1988 les « Tables de France » : le voilà prescripteur de restaurants pour les agences de voyages, mais aussi les autocaristes, les tours opérateurs, et enfin les comités d’entreprises, milieu qu’il découvre avec bonheur, séduit par la volonté des élus de créer du lien social entre les salariés.<br />
Et puis un beau jour, son fax crépite et crache sur papier blanc la tête de Gérard Jugnot.<br />
Le comique joue alors « Espèce menacée » au Théâtre de la Michodière, un énorme succès.<br />
« Et j’ai eu cette idée brillante de proposer aux élus d’amener leurs collègues au théâtre, puis au restaurant, puis sur la Seine pour une croisière by night. C’est-àdire trois temps forts à vivre tous ensemble ». En une nuit, il envoie 300 télécopies à des CE. La proposition a tant de succès que, pendant plusieurs mois, il remplira la Michodière grâce à ses clients. « J’ai surtout envoyé au théâtre des gens qui n’y étaient jamais allés ! ». « Ca, C’est Paris », intitulé joyeux comme un bouchon de champagne qui saute, est lancé. Son catalogue s’est depuis enrichi de visites de musées, de balades guidées, de découvertes insolites, de soirées cabaret ou comédie musicale, et d’attractions diverses. « On a même contribué au succès des Catacombes et des nocturnes de l’hippodrome de Vincennes ».<br />
Aujourd’hui, il brasse plus de 3000 clients ; soit 70 000 salariés qui avec lui découvrent chaque année un autre Paris.<br />
Désormais consacré au CE en quête d’une soirée clé en main, il voit et revoit les spectacles programmés.<br />
Repérant dès le printemps ce que qui fera vibrer les groupes à Noël. Il renifle le succès.<br />
Anticipe les flops. A force de creuser depuis vingt ans le même petit territoire, il construit des amitiés fidèles avec les comédiens et les administrateurs de théâtre. Du côté des élus, on est catégorique : il ne se trompe pas. « Nous faisons avec lui deux sorties annuelles d’une journée, explique Jacques Lesoille, élu du CE Mauser de Beaumont sur Oise. Ses guides sont intarissables sur le Paris insolite. Au théâtre, on est toujours très bien placé, et pour des tarifs concurrentiels, ce que je n’obtiendrais jamais si je montais moi-même ce genre de sortie ».<br />
« Je suis heureux qu’il participe à la démocratisation et à la diffusion de la culture, ajoute Patrick Gobert. C’est un grand angoissé mais son énorme générosité le pousse toujours à associer les autres à ce qu’il accomplit. J’aurais adoré travailler avec lui ». Sur les salons dédiés aux CE, son stand haut en couleurs est immédiatement repérable à sa colonne Morris en cartonpâte ; pour la circonstance, il s’acoquine régulièrement avec Tag l’Explorateur, un comédien de rue qu’il a croisé à Saint- Germain-des-Prés et qui s’est accessoirisé d’un casque colonial et d’une tapette à mouches : Tag l’Explorateur est affecté au service « prises de contact avec l’élu en goguette » ; un (petit) coup de tapette sur l’épaule et l’heureux élu est conduit tout en douceur (« Vous aimez Paris ? Vous avez prévu des sorties ? ») vers les commerciaux de Ca, C’est Paris. Pendant des années, Marc Delomez a pris le temps de se rendre chaque soir dans les restaurants où il casait ses « invités », histoire de relever les indicateurs d’enthousiasme ou d’insatisfaction. Les élus, qui connaissaient le bonhomme, l’attendaient comme une guest-star.</div>
<div>Capable de dérider les plus coriaces, il peut donner du « Camarade ! » à un élu qui s’annonce « Elu CGT, celui qui ne rigole jamais ! ». Quelques CE, abusés par sa décontraction, l’ont pris longtemps pour l’un des commerciaux de la boîte. Patron, lui ? « Ce n’est pas avec ma fonction que je vais voir les élus, c’est avec mon coeur. La fonction empêche la communication » explique Marc qui s’anime soudain aux mots de « considération », « respect », « individu ».<br />
Orchestrée, chronométrée, une soirée signée « Ca, C’est Paris » doit ainsi se dérouler sans fauxpli, de la poire au fromage, de l’apéritif au salut final. Gare à ceux qui gâchent la sortie de ses protégés : une ouvreuse désagréable, un restaurateur qui oublie de servir le café… Même le petit train de Montmartre, arrivé avec un peu de retard, en prendra pour son grade. « Je fais sortir les gens pour qu’ils soient heureux, j’en ai la responsabilité. Je ne peux pas être trahi par mes fournisseurs ». Et s’il faut réparer, il sort le champagne, offre la coupette du réconfort. Sa meilleure récompense ? Les sourires qui fendent les visages d’une oreille à l’autre.<br />
Après le tomber de rideau, il n’est pas rare de voir les comédiens que le groupe vient d’applaudir monter dans le car pour un petit salut personnalisé. Cela fait longtemps que Marthe Mercadier, reine incontestée de la bonne comédie, participe à ces retrouvailles d’après-spectacle : « Marc est un cocktail étonnant de grande compétence et d’humilité. Il est d’un soutien précieux en ces temps de désaffection du théâtre privé ».<br />
L’homme qui chaque lundi réveille son staff par un remueméninges bien senti sur la vie et le monde tel qu’il va, se passionne pour la philosophie. Là où tout chef d’entreprise taquinerait le club de golf, lui travaille des exercices d’étirement avec son coach, un ancien danseur de l’Opéra de Paris. Et s’il a gardé sa verve d’ex-futur comédien, il a toujours pour les acteurs les yeux de Chimène, admiratif de « ceux qui ont réussi à faire ce qu’(il) n’a finalement pas accompli ». Pour les besoins de la rubrique « A l’affiche », Média CE a souvent suivi Marc Delomez dans ses rencontres avec les comédiens. Dans le décor tout velours et dorures d’un théâtre à l’italienne, il est à l’aise comme à la terrasse d’un café ; et pendant que le journaliste s’agrippe à son angle d’attaque et à son magnétophone, lui s’échappe avec l’invité dans une conversation de vieux potes : bon public, il sait poser, en amateur passionné, la question toute simple qui fait advenir la confidence.<br />
Ses bureaux ont désormais une nouvelle adresse : rue Francoeur, dans le 18ème arrondissement.<br />
Près des anciens studios Pathé reconvertis en école de cinéma (la Fémis), à 100 mètres du petit Théâtre du Funambule et à quelques volées de marches montmartroises du mini cabaret Le Lapin Agile. Versant nord de la Butte : le triangle d’or du spectacle de poche et du charme parisien.<br />
Marc Delomez envisage d’offrir régulièrement les murs de ses bureaux en open space aux peintres et aux photographes et de coloniser la cour intérieure pour organiser de grands vernissages où se croiseront ses amis.<br />
Dans les cartons, un projet d’émission (diffusée à la télé ou sur internet) qui réunirait, à la façon d’un salon du XVIIIème siècle, tout ce que Paris compte de têtes pensantes et créatives. « Un moment de bien-vivre dans un lieu esthétique », assure Marc Delomez. « Alors, j’en serai », affirme Marthe Mercadier, l’indéfectible copine.<br />
(1) Toit de la Grande Arche</div>
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