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Interview de Jean Roucas

Lundi 8 mars 2010

SCE : Racontez-nous vos débuts ?
C’était il y a 32 ans, rue Mouffetard, chez Félix. Avant, dès 18 ans, j’avais eu la chance de faire le tour du monde avec les croisières Paquet, au clavier et au chant, pendant 2 ans.
À mon retour à Marseille, avec un petit pécule et un bon moral, j’ai eu envie de tenter l’aventure parisienne et j’ai donc débarqué Chez Félix dans une formule de piano bar, où je racontais des blagues entre deux morceaux. En 1977, je passais au Don Camilo, entre Thierry Le Luron et Serge Lama, vous vous rendez compte ? Vingt minutes sur scène, mais surtout pas d’imitations, car il y avait un maître (Thierry) ! Aujourd’hui, je rends au Don Camilo ce qu’il m’a donné.

SCE :  Ma femme est parfaite, c’est un peu votre vie (il a écrit avec sa femme, en 2005, Jamais l’un sans l’autre ) en ce qui concerne le titre, car pour ce qui est de l’histoire, ce n’est pas vous (4 épouses) ! Qu’est-ce qui vous a plu dans cette pièce ?
- C’est d’abord Jean Barbier, qui est venu au Don Camilo, cet auteur à succès de toute une série (Ma femme est folle, Ma femme est sortie) de la même veine. C’est un vaudeville futuriste, et vous verrez qui est vraiment cette femme parfaite ! Ça va être une grande surprise. Et puis jouer ce rôle m’a plu : je suis un peu à l’opposé du personnage, je suis trop gentil !

SCE : Comment sont vos partenaires dans cette comédie ?
- J’ai la chance d’avoir des comparses qui ont l’habitude du théâtre, et c’est un régal de jouer avec Julie Arnold et Vannick Le Poulain . D’ailleurs, ils sont tous bien dans la pièce !

SCE : À part ce genre de comédie, qu’est-ce que vous auriez envie de jouer ?
- Un rôle à contre-emploi : c’est mon rêve ! Je considère que rires et pleurs sont très proches. J’aimerais jouer le répertoire de Fernandel, qui est pour moi, Marseillais, le plus grand. Au-dessus de la Canebière, quand j’étais petit, il y avait la rue des cinémas, et on y jouait les films de Pagnol comme Le Schpountz, un de mes préférés, et la fameuse trilogie, qui passait en permanence. Fernandel en faisait des tonnes, mais ça passait, comme pour De Funès. Ce n’est pas évident, vous savez, d’en faire des tonnes et d’avoir du succès…

SCE : Votre « femme parfaite » à vous… A-t-elle été votre principal allié ?
- Ma femme m’a aidé à remonter la pente. Elle m’a donné le courage et l’envie. Elle n’est pas mon premier supporter, mais c’est mon coach.

SCE : Avez-vous le sentiment de vraiment faire un métier de comédien par rapport au cabaret (rôle d’amuseur), même si on connaît votre attachement à ce genre de lieu, où on vous voit refaire des gammes avec un public parfois difficile, qui ne s’enflamme que pour les anciens sketches ? N’est-ce pas trop dur ?
Non, la réaction du public est normale. Sur scène, on ne fait pas ce que l’on veut, alors qu’au cabaret on peut faire bouger les lignes, on peut sortir de temps en temps du spectacle : au contraire, c’est ce qui rapproche des spectateurs…SCE : Vous sentez-vous proche des CE ? Ça vous évoque des choses, de penser aux CE, à Marseille, dans le quartier du Roucas Blanc ?
J’ai fait beaucoup de galas dans les CE, et je leur dois mes débuts. Ce sont des gens qui aiment rigoler. Ils aiment organiser des sorties en groupe, des soirées spéciales. Je les attends pour cette pièce. Qu’ils viennent découvrir ma femme parfaite. Ils ne vont pas être déçus !