SCE : Vous jouerez de janvier à fin février 2007. Y aura-t-il ensuite une tournée en province ou une éventuelle prolongation à Paris ? Pas de prolongation, car après je fais un film avec Alexandra Lamy, une comédie romantique. Il y aura une tournée de 40 dates en province. J’aime les tournées en province. Parfois, quand vous jouez dans des petites salles, c’est un véritable retour aux sources, c’est une saine remise en cause. Et pour le public, c’est intéressant d’être encore plus proche de l’artiste, d’être vraiment dans le spectacle. Pour moi, c’est un exercice indispensable…SCE : Vous avez commencé à 13 ans par les cabarets québécois. Vous n’aimiez pas les études ? Et d’où vous vient cette carrière ?
J’ai continué mes études, mais ma véritable école a été le cabaret. C’est là que j’ai eu la chance de faire la première partie de Roméo Perusse, le Bigard de l’époque, qui m’avait repéré lors d’un concours et qui m’a fait ce magnifique cadeau pendant 3 ans… Ma mère venait de décéder… J’ai beaucoup appris de ce grand monsieur…
En fait, j’ai eu la chance d’avoir un « mix » de culture. Chez nous, on avait deux univers. Au premier, la télé en français, et au rez-de-chaussée, où vivait ma grand-mère, c’était la télé américaine, où j’ai découvert Dean Martin et Frank Sinatra… On me pose souvent la question : « Pourquoi n’avez-vous pas travaillé aux États-Unis ? » J’aime la France, la bonne bouffe, les copains, la culture, les musées… Les Américains, il ne faut pas leur enlever l’efficacité, la rigueur.
Ce qu’on règle en un coup de fil aux US, on le règle ici en trois repas… C’est aussi ça que j’aime !
SCE : Vous avez été un brillant animateur de radio, puis vous avez ensuite enchaîné les récompenses et les records de vente tant en CD qu’en vidéo. Rappelez-nous vos chiffres d’entrées ?
300 000 pour le premier spectacle… Mais je ne savais pas ce que ça représentait, car je voulais faire plus ! J’ai eu la chance d’être connu rapidement grâce à la radio, et puis tout s’est enchaîné avec les festivals « Juste pour rire » à Montréal.
Parlez-nous de vos fameux duos avec Franck Dubosq , qui vous ont révélé aussi au public français. Quelle est exactement la nature de votre complicité avec Franck ?
On s’adore ! On est sur le même registre, mais avec des codes différents. On avait cinq jours avant l’enregistrement. Je l’ai emmené dans ma maison au bord d’un grand lac, on a bu une bonne bouteille, et en trois jours on avait écrit la présentation du spectacle… On est heureux d’être ensemble, et surtout on est en confiance.
SCE : Vous allez tourner cet été Astérix et les Jeux Olympiques, dans le rôle d’Alafolix. Racontez nous cette aventure. Lors de l’anniversaire de Laurent Gerra, un ami de Thomas Langmann m’a félicité, et je tombais des nues… Ce n’est que le lendemain que Thomas m’a appelé pour me confier le rôle d’Alafolix. J’ai regardé le scénario toute la nuit sans l’ouvrir. Je dégustais cette nouvelle et je n’ai pas éte déçu. 65 jours de tournage, et me retrouver à côté de Gérard Depardieu et d’Alain Delon, j’en ai encore des frissons ! J’ai beaucoup pensé à mes parents, j’aurais voulu qu’ils me voient…
SCE : Vous avez déclaré : « Le rire est un remède contre la morosité ». C’est un style de phrase qu’on retrouve souvent dans la bouche des acteurs comiques. Vous pouvez nous en dire plus sur ce qui vous fait rire ?
La société est remplie de problèmes, notre vie personnelle est pleine de dysfonctionnements, la vie n’est donc pas facile, et ce n’est pas évident de s’en sortir… Ça doit être horrible de ne pas avoir d’humour. La vie s’amuse avec nous, alors il faut s’amuser avec elle ! Je ne déconne pas spécialement dans la vie de tous les jours, mais j’aime m’amuser.
Les enfants me font beaucoup rire. Les fous aussi, ceux qui bousculent les conventions… Les gens comme Depardieu qui se lâchent et qui déboulent comme des chiens dans des jeux de quilles. J’aimerais avoir son audace, c’est génial !
J’adore aussi les gens intelligents qui se font passer pour des cons, car il y a tellement de cons qui veulent passer pour des mecs intelligents !
SCE : Vous êtes aussi dessinateur. Le dessin, c’est pour souffler ou c’est aussi un besoin artistique? Et que faites-vous de vos œuvres ?
Je dessine dès que j’ai un moment, c’est vital. J’ai un atelier au-dessus du garage, face au lac. C’est l’endroit où j’oublie tout, y compris qui je suis. C’est une partie de moi qui me surprend, que je ne connais pas, c’est un bonheur.
Mon oncle dessinait à Los Angeles pour Disney, et c’est lui qui m’a donné l’envie tout petit. Je me suis inspiré de la BD, mais ce que je dessine est à l’envers de la scène, c’est noir. Je fais aussi beaucoup de photos et je pense en faire un livre prochainement. On pourrait dire que j’ai des gros besoins artistiques. En fait, j’aime créer !
Aussi bien en France qu’au Canada, les rires sont aux mêmes endroits, mais le public français est plus attentif à la finesse, aux jeux de mots… Au Québec, ils veulent des chutes, vite. En France on peut prendre son temps, faire des silences et jouer avec. L’avantage avec les Québécois, c’est qu’ils sont plus bruyants !










