Archive pour la catégorie ‘Interviews’

Interview de Michel Leeb par Marc Delomez – Hilarmonic Show

Mercredi 23 juin 2010

Interview de Chevalier et Laspalès par Marc Delomez – Dîner de cons

Mardi 1 juin 2010

Interview de Olivier Lejeune par Marc Delomez

Lundi 17 mai 2010

Interview de Nicole Croisille par Marc Delomez

Jeudi 6 mai 2010

Interview de Roland Magdane par Marc Delomez

Vendredi 23 avril 2010

Interview de Jean-Luc Reichmann par Marc Delomez

Jeudi 22 avril 2010

Interview de Jean-Marie Bigard par Marc Delomez – Ca C’est Paris

Vendredi 26 mars 2010

Interview de Christelle CHOLLET par Marc DELOMEZ – Ca C’est Paris

Jeudi 11 mars 2010

Interview Stéphane FREISS par Marc DELOMEZ, Ca C’est Paris !

Mercredi 10 mars 2010

On savait que les costumes d’époque lui allaient à ravir ; mais le débraillé de l’homme sentimental qui paresse au lit avec son amoureuse sied tout autant à Stéphane Freiss. Dans « Comédie romantique », une pièce de Gérard Sibleyras mise en scène par Christophe Lidon, il incarne le trop heureux Léon qui s’emberlificote dans ses mensonges. Avec la complicité de Marc Delomez, créateur de « Ça, c’est Paris » et organisateur de soirées parisiennes clé en main pour les collectivités, Média CE a interviewé Stéphane Freiss, homme pressé, volubile et généreux, avant son entrée en scène au Théâtre du Montparnasse.

Le titre de la pièce « Comédie romantique » ne laisse pas supposer que l’on s’amusera autant…

C’est vrai que l’on pense d’abord qu’il s’agit d’une bluette… Mais non, ça commence par un énorme coup de cœur, disons même un coup de sexe entre deux personnages qui se rencontrent dans une gare. Elle est habilleuse au théâtre, mon personnage est informaticien, ils se retrouvent de ville en ville et d’hôtel en hôtel, au fil de sa tournée théâtrale. Cette vie en autarcie, protégée du monde, est tellement excitante qu’à un moment donné cela procure de l’inquiétude à mon personnage qui… s’invente une femme. Et quelle femme ! Et de petits en grands mensonges, il va creuser le piège dans lequel il s’enferre.

Comme si l’évidence de l’amour n’était pas supportable ?

Disons qu’il faut complexifier l’évidence ; c’est le principe de la comédie.Celle-ci arrive au moment où tout va bien et où pour des raisons absurdes et inexplicables les personnages se tendentà eux-mêmes les pièges dans lesquels ils vont tomber. Le public sait très bien qu’il y aura un happy end, mais oùse cache le suspense et jusqu’où va-t-il nous mener ?

Faut-il beaucoup de concentration pour jouer auprès de la ravissante Elodie Navarre ? Avec laquelle vous avez quand même quelques scènes assez déshabillées…

Comment dire ça ?… Nous sommes au théâtre et la nudité est quelque chose que nous avons intégré dans notre travail d’acteur, même si dans ce type de pièce plutôt classique, c’est rare que les corps se dévoilent. En revanche, ce que je n’ai pas senti immédiatement à la lecture de la pièce, c’est l’énergie qu’elle réclame. C’est monstrueux ; les partis pris de mise en scène sont tels qu’ils sont parfois difficiles à suivre pour les comédiens : il nous faut sortir de scène, nous changer à la vitesse de la lumière (c’est Arturo Brachetti en coulisses !), puis revenir sur scène dans un autre état ou un autre sentiment. Tout cela crée une sacrée tension…

Vous avez une actualité chaude, carrément brûlante. On vient de vous voir notamment dans « Camus », un téléfilm, le premier réalisé sur l’écrivain… Comment incarne-t-on un tel humaniste ?

Il fallait que je trouve un moyen rapide, efficace et sincère pour effacer nos différences, pour que celles qui demeureraient entre nous ne soient pas un élément de blocage pour le spectateur. J’ai estompé nos différences physiques, mais restaient nos différences culturelles : Camus était un homme du sud, moi, je suis originaire d’Europe centrale. La lecture de son œuvre (qui n’est pas rébarbative mais jubilatoire !) m’a aidé parce Camus est dans tous ses personnages. A force de me « parler », cet homme m’a tiré vers cette sorte de séduction intelligente qui est la sienne et qui n’était pas la mienne. Non pas que je sois idiot !, mais cet homme de mots et de pouvoir avait besoin d’amour et de sexe comme exutoire à ses histoires dans lesquelles il étouffait. On a mal compris ses trahisons, notamment à l’égard de sa femme, mais il allait chercher chez les femmes son oxygène et une partie de son écriture aussi. Je l’ai écouté parler dans les rares documents qu’il y a sur lui, je lui ai volé quelques détails ; il aimait Bogart, par exemple… Avant ça, j’avais fait « Beauté fatale », l’histoire d’un homme qui veut tuer sa femme et tombe dans une dépression furieuse. Comme je ne fais rien à moitié, tout cela m’a fatigué. Voilà pourquoi j’ai eu à un moment donné besoin de quelque chose de plus léger comme « Une Comédie romantique »…

Et vous allez donc devenir un personnage de série avec « La loi selon Bartoli », soit quatre téléfilms d’une heure trente par an…

Je pense pouvoir dire que « La loi selon Bartoli », dont le premier épisode sera diffusé le 25 mars sur TF1, sera le grand virage de ma carrière d’acteur. Si on m’avait dit qu’un jour je serai un personnage de série ! Pour moi, tourner dans une série, c’était tuer à petit feu le désir que les gens pouvaient avoir de vous : ils n’ont plus besoin d’aller vous voir au théâtre ou au cinéma puisque vous revenez sans cesse vers eux. Mais j’adore ce Bartoli ! Ne croyez pas que c’est de la complaisance, mais j’ai passé tellement de temps sur cette histoire avec l’auteur, Hervé Korian (avec lequel j’ai fait « Le papillon noir ») ! Comme moi, il pense qu’un bon film ce n’est pas « une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire », comme disait Gabin, mais « des personnages, des personnages, des personnages » ! Ce Bartoli est fou, drôle, atypique ; c’est un mélange de Docteur House et de Colombo, qui n’a pas que le cynisme du premier ou le côté énigmatico-roublard du second. C’est un juge d’instruction qui transgresse systématiquement la loi pour la servir. Il vole, triche, ment, resquille dans les transports en commun et dit « m… » au procureur. Mais il fait ça pour la vérité, et quand elle éclate il s’excuse.

C’est important pour vous d’être assimilé, au bon sens du terme, à un personnage en particulier ?

Je dirais plutôt que c’est important pour moi d’être identifiable populairement. J’ai fait près de 100 films et beaucoup de théâtre, on me connaît, mais je n’ai pas encore trouvé une place exacte dans le cœur populaire des gens. On me dit « On vous a vu dans les « Ch’tis » ; certes, mais pour quel impact ? Après « Les Ch’tis », on ne m’a pas forcément proposé de comédies au cinéma. Alors voilà l’occasion de partager quelque chose avec les gens qui ont de l’estime pour moi.

Vous avez pourtant une carrière très équilibrée entre cinéma, télévision et théâtre…

Là, le théâtre, j’en ai un peu soupé. Il faut être honnête : il y a des arts qui sont plus gratifiants que le théâtre ! C’est ingrat, dur et mal payé. Je sais que personne ne le dit jamais mais jene suis pas sûr que le bonheur qu’on y prend soit toujours récompensé à sa juste valeur. Je trouve injuste, paradoxal et inacceptable que l’on donne autant aux acteurs de cinéma et aussi peu aux comédiens de théâtre. En ce moment, je fais la promotion de la pièce tout le temps, je n’ai plus de vie, je ne vois plus mes enfants…

Est-ce que pourtant vous ne devez pas au théâtre le début de votre carrière ?

J’ai fait un cours d’art dramatique, j’ai eu le bol d’entrer au Conservatoire, puis celui d’entrer à la Comédie française, puis j’ai eu l’intelligence d’en sortir. Mais je n’étais pas fait pour ces institutions, j’étais immature. Je suis devenu jeune très tard en fait ; c’est-à-dire que la sève, le désir, la curiosité, je les ai gagnés tard parce qu’il a fallu que je passe par une phase de ormation. Mais le métier n’a pas été ingrat, parce que j’ai toujours gagné de quoi vivre alors que d’autres, de ma génération, ont été franchement oubliés. Il faut de la patience dans ce métier : j’ai reçu un César à 29 ans(1), mais pendant trois ans ensuite je ne gagnais même pas le smic. Je savais que je devais passer par une reconversion, arrêter le cinéma que l’on me proposait et revenir au théâtre, pour me restructurer et grandir tout simplement. Et là, Stéphan Meldegg me propose « C’était bien » de James Saunders avec lequel je décroche un Molière(2). Et me revoilà dans le circuit. Il faut vraiment reconnaître le mérite des gens qui vous « sentent ».

(1) César du Meilleur espoir masculin pour « Chouans » (1989).

(2) Molière de la Révélation théâtrale masculine de l’année (1992)

Interview de Stéphane Rousseau

Mercredi 10 mars 2010
SCE : Vous jouerez de janvier à fin février 2007. Y aura-t-il ensuite une tournée en province ou une éventuelle prolongation à Paris ? Pas de prolongation, car après je fais un film avec Alexandra Lamy, une comédie romantique. Il y aura une tournée de 40 dates en province. J’aime les tournées en province. Parfois, quand vous jouez dans des petites salles, c’est un véritable retour aux sources, c’est une saine remise en cause. Et pour le public, c’est intéressant d’être encore plus proche de l’artiste, d’être vraiment dans le spectacle. Pour moi, c’est un exercice indispensable…

SCE : Vous avez commencé à 13 ans par les cabarets québécois. Vous n’aimiez pas les études ? Et d’où vous vient cette carrière ?

J’ai continué mes études, mais ma véritable école a été le cabaret. C’est là que j’ai eu la chance de faire la première partie de Roméo Perusse, le Bigard de l’époque, qui m’avait repéré lors d’un concours et qui m’a fait ce magnifique cadeau pendant 3 ans… Ma mère venait de décéder… J’ai beaucoup appris de ce grand monsieur…

En fait, j’ai eu la chance d’avoir un « mix » de culture. Chez nous, on avait deux univers. Au premier, la télé en français, et au rez-de-chaussée, où vivait ma grand-mère, c’était la télé américaine, où j’ai découvert Dean Martin et Frank Sinatra… On me pose souvent la question : « Pourquoi n’avez-vous pas travaillé aux États-Unis ? » J’aime la France, la bonne bouffe, les copains, la culture, les musées… Les Américains, il ne faut pas leur enlever l’efficacité, la rigueur.

Ce qu’on règle en un coup de fil aux US, on le règle ici en trois repas… C’est aussi ça que j’aime !

SCE : Vous avez été un brillant animateur de radio, puis vous avez ensuite enchaîné les récompenses et les records de vente tant en CD qu’en vidéo. Rappelez-nous vos chiffres d’entrées ?

300 000 pour le premier spectacle… Mais je ne savais pas ce que ça représentait, car je voulais faire plus ! J’ai eu la chance d’être connu rapidement grâce à la radio, et puis tout s’est enchaîné avec les festivals « Juste pour rire » à Montréal.

Parlez-nous de vos fameux duos avec Franck Dubosq , qui vous ont révélé aussi au public français. Quelle est exactement la nature de votre complicité avec Franck ?

On s’adore ! On est sur le même registre, mais avec des codes différents. On avait cinq jours avant l’enregistrement. Je l’ai emmené dans ma maison au bord d’un grand lac, on a bu une bonne bouteille, et en trois jours on avait écrit la présentation du spectacle… On est heureux d’être ensemble, et surtout on est en confiance.

SCE : Vous allez tourner cet été Astérix et les Jeux Olympiques, dans le rôle d’Alafolix. Racontez nous cette aventure. Lors de l’anniversaire de Laurent Gerra, un ami de Thomas Langmann m’a félicité, et je tombais des nues… Ce n’est que le lendemain que Thomas m’a appelé pour me confier le rôle d’Alafolix. J’ai regardé le scénario toute la nuit sans l’ouvrir. Je dégustais cette nouvelle et je n’ai pas éte déçu. 65 jours de tournage, et me retrouver à côté de Gérard Depardieu et d’Alain Delon, j’en ai encore des frissons ! J’ai beaucoup pensé à mes parents, j’aurais voulu qu’ils me voient…

SCE : Vous avez déclaré : « Le rire est un remède contre la morosité ». C’est un style de phrase qu’on retrouve souvent dans la bouche des acteurs comiques. Vous pouvez nous en dire plus sur ce qui vous fait rire ?

La société est remplie de problèmes, notre vie personnelle est pleine de dysfonctionnements, la vie n’est donc pas facile, et ce n’est pas évident de s’en sortir… Ça doit être horrible de ne pas avoir d’humour. La vie s’amuse avec nous, alors il faut s’amuser avec elle ! Je ne déconne pas spécialement dans la vie de tous les jours, mais j’aime m’amuser.

Les enfants me font beaucoup rire. Les fous aussi, ceux qui bousculent les conventions… Les gens comme Depardieu qui se lâchent et qui déboulent comme des chiens dans des jeux de quilles. J’aimerais avoir son audace, c’est génial !
J’adore aussi les gens intelligents qui se font passer pour des cons, car il y a tellement de cons qui veulent passer pour des mecs intelligents !

SCE : Vous êtes aussi dessinateur. Le dessin, c’est pour souffler ou c’est aussi un besoin artistique? Et que faites-vous de vos œuvres ?

Je dessine dès que j’ai un moment, c’est vital. J’ai un atelier au-dessus du garage, face au lac. C’est l’endroit où j’oublie tout, y compris qui je suis. C’est une partie de moi qui me surprend, que je ne connais pas, c’est un bonheur.

Mon oncle dessinait à Los Angeles pour Disney, et c’est lui qui m’a donné l’envie tout petit. Je me suis inspiré de la BD, mais ce que je dessine est à l’envers de la scène, c’est noir. Je fais aussi beaucoup de photos et je pense en faire un livre prochainement. On pourrait dire que j’ai des gros besoins artistiques. En fait, j’aime créer !

SCE : Les CE sont une spécificité bien française. Y a-t-il dans votre pays des organismes qui regroupent les salariés pour les défendre ? Et quelles sont les différences entre les spectateurs français et canadiens ? Chez nous, il n’y a que les syndicats. Il y a des ventes de billets à des tarifs de gros, mais pas de sorties organisées par les salariés.
Aussi bien en France qu’au Canada, les rires sont aux mêmes endroits, mais le public français est plus attentif à la finesse, aux jeux de mots… Au Québec, ils veulent des chutes, vite. En France on peut prendre son temps, faire des silences et jouer avec. L’avantage avec les Québécois, c’est qu’ils sont plus bruyants !